Fiche métier IMSI, école d'immobilier

Et vous, faites-vous appel à un agent pour vendre ou louer ?

Henry Buzy-Cazaux, président de l’Institut du Management des Services Immobiliers, s’interroge sur le manque de transparence qui persiste autour du taux de pénétration des agents immobiliers dans les transactions. Que pèsent vraiment les professionnels par rapport aux transactions de gré à gré ?

 

Au pays de l’immobilier, il y a comme cela quelques questions lancinantes, auxquelles on n’apporte pas de réponse. Celle du taux de pénétration des agents immobiliers est de celles-là et l’absence de réponse devient pesante. Pourquoi ? Parce qu’au rang des indicateurs qui permettent à une profession de se situer, de comprendre dans quelle estime le public la tient, de mesurer les progrès à déployer, le taux de pénétration est majeur. Pour l’immobilier d’habitation, le taux de pénétration, c’est-à-dire la part de transactions de logements réalisées par les professionnels et en contrepoint la part des ventes et des achats de gré à gré, est essentiel, pour ne pas dire vital. Comment se peut-il qu’on ne le connaisse toujours pas de façon catégorique et indiscutable ?

En fait, plusieurs enquêtes et études contradictoires existent, émanant des réseaux commerciaux ou des organisations professionnelles – fondées en général sur la méthode des échantillons représentatifs… qui le sont plus ou moins -, de l’INSEE aussi – sur des bases déclaratives bien fragiles -. Contradictoires en ce que certaines attribuent le gros du marché aux agents immobiliers, d’autres l’inverse. Et puis les agents immobiliers, ayant pignon sur rue et boutique, ne sont plus depuis longtemps les seuls acteurs professionnels de la transaction : les notaires, les réseaux de mandataires, les architectes ou les géomètres-experts dans une moindre mesure, les avocats désormais sont présents sur ce marché.

Cette question, fondamentale en soi et pour soi, revêt une actualité particulière à l’heure de l’Internet. Certains pensent que le numérique facilite la désintermédiation, d’autres tiennent cet outil pour une opportunité dans les mains des agents immobiliers… Mais la saisissent-ils ? L’avénement de Bien’ici, site d’initiative professionnelle et non d’éditeur, accrédite la thèse que les agents ne s’endorment pas et recourent de plus en plus au numérique. Le numérique, c’est aussi la dématérialisation de tous les stades de la transaction, jusqu’à la signature électronique sécurisée. On pourrait aussi soutenir que les 35 heures et l’extension du temps libre, ainsi que la montée de la formation supérieure et la banalisation des logiciels gratuits de rédaction d’acte ou de création d’annonces sont autant de coups de boutoirs dans la porte de la forteresse longtemps respectée des agents immobiliers.

Quel juge de paix pourrait-il départager les optimistes et les pessimistes du taux de pénétration des professionnels ? L’observatoire des notaires, tout simplement. Les notaires, en bout de chaîne, authentifient tous les actes de vente et identifient le mandataire du vendeur, plus rarement de l’acquéreur, s’il y en a un dans l’affaire. Ils sont le passage obligé, dans l’intérêt de la sécurité juridique des actes, pour les quelque 800.000 opérations enregistrées chaque année. Ils sont capables de fournir ce précieux indicateur. Que ne le calculent-ils pas ! L’arrière-pensée qu’ils devraient mettre au jour une place plus importante sur le marché de la transaction que celle qu’on leur reconnaît, de nature à dégrader leurs relations avec les agents immobiliers et leurs syndicats, est-elle à l’origine de ce silence pesant ? Au fond, quand même cette raison aurait-elle existé, elle n’aurait plus de sens aujourd’hui. D’abord les choses sont ce qu’elles sont et la prééminence du digital bouleverse le stratégies de protection, de clivage, de pré carré, et même de diplomatie. Il y a d’un côté le risque indéniable d’ubérisation, et de remplacement de l’homme de la transaction par la machine, de l’autre la chance à saisir pour que ce marché à forts enjeux, quoi qu’il en soit moins intermédié en France qu’ailleurs, se professionnalise et fasse une plus large part aux acteurs professionnels. Il faut dire que pour le logement l’intermédiation, gage de plus de transparence, de sécurité, de simplicité, est un progrès.

C’est tellement primordial que le Conseil national de la transaction et de la gestion immobilières serait bien inspiré de demander officiellement et solennellement au Conseil supérieur du notariat et à l’association chargée de piloter l’observatoire des notaires de se pencher sur le sujet et de fournir enfin des éléments statistiques fiables quant au taux de pénétration des différentes parties prenantes du marché de la transaction résidentielle. La connaissance de cette donnée éclairera les stratégies et mettra fin à des débats vains et dépassés.

Henry Buzy-Cazaux

Article à retrouver sur Capital

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